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Délaissé par la BCT, le dinar tunisien plonge !

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par : Yosr GUERFEL AKKARI

La crise s’amplifie et la situation économique s’aggrave de plus en plus alarmante. Les indicateurs économiques clignotent au rouge et le dinar tunisien poursuit sa culbute face à l’euro et face au dollar américain. Le dollar s’échangeait à 2,16 dinars et l’euro s’approchait de la barre fatidique de 2,5 dinars, soit 2,429 dinars. Une dépréciation fulminante qui suscite l’inquiétude. Où va l’économie nationale s’enlise et les perspectives sont nulles.   Comment entrevoir l’avenir et trouver les solutions idoines surtout que les estimations n’augurent rien de bon?
La dépréciation du dinar est d’abord liée à la morosité de l’activité économique. Baisse des exportations, hausse des importations, crise du secteur touristique, repli de la production et des investissements. L’économie nationale est en situation de léthargie, sa compétitivité est au plus bas. D’où la chute libre du dinar face à la monnaie unique et au billet vert.
Entreprises exportatrices sous le régime résident et les pressions exercées sur le marché de change
La Banque centrale de Tunisie impute la dépréciation du dinar au cours du 1er trimestre 2016 par l’effet de ciseaux des entreprises opérant sous  le statut de résidents selon l’optique de change.  Ces entreprises sont celles qui sont tenues de rapatrier les recettes de leur exportation. « Les échanges commerciaux de ces sociétés ont un impact direct et important sur les avoirs en devises, et les paiements des importations de ces sociétés sont la principale raison des pressions exercées au niveau du marché de change, et leurs impacts sur le cours du Dinar Tunisien. », explique la BCT. Selon l’analyse de la BCT l’Euro est dominant (plus de 50% des achats). Il figure notamment au niveau des achats des appareils électriques et mécaniques et de THC.  Quant au Dollar USD, il est la monnaie de facturation de plus de 45% des achats qui concernent surtout les hydrocarbures et les produits alimentaires de base. Du coup, la  dépréciation du dinar enregistrée au cours du 1er trimestre 2016 a eu un effet négatif sur les échanges commerciaux des résidents, en contribuant à hauteur de 320 MDT au niveau du déficit commercial de ces sociétés.

Paradoxe : la BCT abandonne son rôle de régulateur du dinar
L’institut d’émission appelle du fait à prendre les mesures nécessaires pour maîtriser l’élargissement du déficit commercial et ce en boostant les exportations en limitant les importations.  
En dépit de cet appel de détresse lancée par la BCT, aujourd’hui avec le regard bienveillant du FMI et après la promulgation de la nouvelle loi organique de la BCT, l’institution d’émission n’a plus aucune emprise de  contrôle sur le dinar tunisien. A  juste titre, l’observatoire tunisien de l’économie explique :    « La promulgation de la loi sur l’indépendance de la BCT a acté officiellement l’abandon de la stabilisation du dinar par la BCT. Le dinar n’est plus adossé à un panier de devises composé du dollar US et de l’euro et fluctue à présent selon les forces du marché (Accord de teneurs de marché imposé par le FMI (SBA2013)). La dette en dollar US va se renchérir et ainsi que les produits importés. 
Il devient urgent de revenir aux objectifs de la BCT selon la loi 88 – 119 qui, dans son article 33, expose : « La banque centrale a pour mission générale de défendre la valeur de la monnaie et de veiller à sa stabilité. ».

 

L’euro à 3 dinars en 2017
Du fait, l’on appelle à amender la loi organique de la  BCT qui a illico porté préjudice à la monnaie nationale, laquelle pourrait se déprécier davantage. Certains économistes prévoient même le pire. L’euro risque de s’échanger à 3dinars d’ici 2017 ! dans  une chronique publié sur le site Carthagonews.com, Chokri Mamoghli économiste prédit un appauvrissement sans précédent pointe son nez à l'horizon. « Ce qui est grave, c'est que cette évolution ne risque pas de s'arrêter et il est fortement probable, vu l'ampleur des déficits et des échéances de remboursement de la dette étrangère qui nous attendent à partir de 2017 (8 milliards de dinars soit 8000 milliards de millimes rien que pour l'année prochaine), que le cours de l'euro soit aux alentours de 3 dinars l'année prochaine. », s’alarme M.Mamoghli.
Le dinar tunisien est aujourd’hui délaissé et livré à son propre sort. Sa réévaluation reste à la merci des de plusieurs facteurs dont principalement la reprise économique. Même les exportations tunisiennes n’ont pas profité de cette dévaluation. Hormis ces facteurs internes relatifs à la situation de dépression économique, la parité euro/dollar joue un rôle non négligeable dans l’évolution du cours du dinar par rapport à ces deux devises de référence. On craint le pire !